TONY BUSSIERE (POLICIER MUNICIPAL)
Il s’appelle Tony BUSSIERE. Il a 30 ans.
Sportif, athlétique, les yeux clairs, il est l’archétype
du policier à vélo de nos séries télévisées.
Sauf que ce n’est pas du cinéma ! Il évolue véritablement
sur un vélo, pédale comme un fou pour rattraper une voiture,
contrôle les uns et les autres en sa belle ville de La Rochelle.
Il est donc policier municipal new wave, nouvelle vague. Les touristes
le rencontreront sans doute cet été sur le port, dans
la ville ou aux abords de la plage en compagnie de ses collègues
de travail. Il n’est pas cavalier, mais finalement l’accès
à une brigade équestre ne change rien au déroulement
de la carrière d’un municipal.
Il travaille assez bien à l’école, ce qui lui permet
d’obtenir un bac gestion / comptabilité à 18 ans.
Il poursuit un an de formation en GRETA pour obtenir un Bac S et pour
passer le concours d’élève pilote de l’armée
de l’air. Il veut devenir pilote de chasse «
c’était mon rêve d’enfant". Mais
il déchante vite, c’est dur, très dur «
sur 1000 candidats, il n’en reste que 7, preuve de la difficulté
physique et intellectuelle ». Il décide de faire
le concours Terre-Air-Mer sous officier et le voilà donc fusilier
marin commando où il restera 8 ans. Il faut noter que ce ne sera
pas du temps perdu puisque le choix de son nouveau métier est
franchement facilité par cette expérience et ses grades.
Il finit quartier maître (équivalent au sergent ).
« Je me suis fait embaucher pendant un
an sur contrat à Torcy (dans le 77) comme agent de stationnement.
Il fallait quand même le Bac ».Il décide de
continuer et passe le concours de préparation au concours externe
catégorie C. Il devra entrer ensuite en formation. Ce concours
se déroule en deux temps : une partie écrite et une partie
orale. Il part le passer à Lyon et il réussit. Il faut
noter que 850 candidats se présentent pour un contingent de 120
personnes restant en lice. : « il existe
deux façons de trouver ensuite du travail. Attendre les appels
ou aller voir sur Internet. J’ai donc trouvé une annonce
pour un poste à La Rochelle. C’est mon pays d’enfance,
cela me satisfaisait ».
Le voilà sur la voie. Il ne lui reste plus qu’à
bien faire son métier ; qui le passionne, quoique se faisant
à vélo et non pas à cheval «
c’est la même chose pour tous les policiers, que l’on
choisisse une brigade équestre, vélo ou classiquement
en véhicule ». Maintenant, que le voilà embauché,
il redevient stagiaire. En effet, pour obtenir un poste de fonctionnaire,
il lui faut participer à un stage d’une année. Les
6 premiers mois se passent à l’école (à Artigues
près de Bordeaux pour ce qui le concerne), dans le Centre National
de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT). Il se forme à la
théorie sur Bordeaux, et poursuit avec un stage d’application
puis un stage d’observation : « j’ai
choisi la gendarmerie, la police municipale de Surgères, les
affaires maritimes et le commissariat de la Rochelle ».
Il est suivi par un tuteur et il finit sa formation sur le lieu de son
affectation avec l’aide d’un binôme expérimenté
« ce n’est pas du tout cuit. La titularisation peut être
repoussée une ou deux fois ». Il doit rendre un mémoire
pour terminer cette formation : « j’ai
décidé de travailler sur la création d’une
brigade de police municipale nautique ».
Sa carrière est facilitée par ses 10 ans passés
dans l’armée. La hiérarchie actuelle est la suivante
: gardien stagiaire (en cours), puis gardien de police municipale (sergent)
et gardien de police principal (sergent chef). Il faut noter que son
ancienneté lui confère un échelon plus haut que
la normale puisqu’il démarre à l’échelon
6. Il pourra alors accéder au grade de brigadier, puis de brigadier
principal. Il pourra alors, quelques années plus tard, suivre
une formation qui le mènera au poste de chef de service. Chacun
aura compris que pour travailler comme gardien à cheval le cursus
est le même que pour toutes les autres brigades.
Toutefois, il faut noter que tout va changer du fait de l’importance
que prend la place de la police municipale dans la ville ou dans les
communautés de communes. C’est le maire, le chargé
de sécurité et le chef de service qui décide de
la création des diverses brigades. «
Evidemment, il faut être volontaire pour les brigades particulières
comme le cheval ou le vélo ». Les salaires sont
moyens (SMIG) relevés par des primes de risques (de 1 à
18 %), des activités spécifiques nécessitant des
horaires particuliers et des heures supplémentaires (franco folie
pour la Rochelle), et un treizième mois. Le statut juridique
d’un policier municipal est celui d’Agent de Police Judiciaire
Adjoint (APJA) jusqu’à devenir Agent de Police Judiciaire
(APJ).
Aujourd’hui, le policier municipal a presque tous les pouvoirs
d’un policier, sauf celui d’un enquêteur. Il est assermenté.
Dans certaine commune, ils sont même armés.
Gilbert DE KEYSER
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