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GILLES DEWAVRIN : DIRECTEUR DE CENTRE DE TOURISME EQUESTRE


Il s’appelle Gilles DEWAVRIN. Il a 34 ans. Son nom est connu, sans doute plus que lui, car il est le digne fils de Robert DEWAVRIN, un des premiers professionnels du tourisme équestre moderne, issu des passionnés du voyage à cheval. On le connaissait très bien à la Fédération des Randonneurs Equestres (FREF), car ce passionné du cheval et des gens a permis à des centaines de cavaliers de se former aux techniques de la randonnée à cheval.

Gilles a courageusement repris la suite de l’affaire familiale lorsque son père est décédé en 1989. Aujourd’hui, il est présent sur le salon Equita’Lyon afin de promouvoir son entreprise.

Il est âgé de 10 ans lorsque son père créé l’association « la Provence à cheval » (1980) et met en route un centre de tourisme équestre : « cela se situe entre le centre équestre et le ranch. Dans le premier c’était trop classique et dans l’autre trop fouillis (voire dangereux) ». Il baigne dans cet environnement, qui lui convient et à 13 ans il sait déjà ce qu’il fera : « J’ai su que je choisirai ce métier, celui de mon père ». D’ailleurs, il commence à accompagner des balades, voire des randonnées. Ce sont ses premiers clients.

Il fait un BEPA agricole option élevage (en 1983 et 1984), qu’il obtient et lui donne les premières bases de son futur métier. En accord avec son père, il fait un CAP de palefrenier soigneur : « même si de fait le diplôme était un peu en dessous du BEPA, cela m’a appris les soins et les gestes auprès des chevaux. C’était important et cela me sert encore aujourd’hui. De plus, il faut pouvoir montrer les choses aux gens ». En 1998, il obtient l’ATE (accompagnateur de tourisme équestre), diplôme fédéral. Il a alors 18 ans.

La création du centre ne plait pas à tout le monde : « nous avons eu des plaintes car nous faisions de la formation alors que nous n’avions pas de moniteur. Pourtant, notre but n’était pas de faire de la formation équestre classique. De fait, ils nous ont obligés à prendre un moniteur, et ce fut moi. En 1990, j’obtint mon brevet d’état de moniteur d’équitation (BEES1) ». En fait, ils voulaient les faire disparaître et ont obtenu l’effet inverse. Durant cette année 1990, c’est Jean Marc CHAPPUIS, un guide de la FREF ayant obtenu un guide de tourisme équestre (par équivalence) qui se charge de faire fonctionner la boutique.

C’est sa mère, Françoise, directrice de l’établissement qui gère l’administration et Gilles s’occupe de toute la partie technique : « aujourd’hui, c’est moi qui l’ait remplacée et mon frère, qui est également BEES1 et ATE, s’occupe des cours équestres et des randonnées ».

Gilles reconnaît que les temps ont changé, et que la vision qu’avait son père dans les années 1980 s’est un peu écornée. Le principe de la réalité commerciale a remplacé l’idéologie de base : produit pas cher, randonnées équestres, convivialité : « j’ai conservé les principes de base, c’est à dire de continuer l’œuvre de mon père, la rigueur, les valeurs de solidarité et d’accueil des moins riches, le respect, l’honnêteté. On n’est pas là pour entuber les gens».

Les seules recettes de tourisme équestre ne suffisent pas à vivre. Place a donc été faite à la formation classique (centre équestre) et aux formations d’ATE quand ces diplômes ont été homologués (1995). Cela leur a permis de bien exister pendant les dernières années : « nous fonctionnons comme un centre équestre, sauf que l’on veut conserver l’esprit du voyage à cheval. Je n’ai pas non plus oublié les luttes syndicales de mon père, qui ne voyait pas les choses comme ça : la formation n’est pas un produit de tourisme équestre ! »

Il reconnaît qu’actuellement, pour ce qui concerne l’équitation, on ne peut se passer de la fédération équestre (FFE) à cause des galops et des compétitions, ce qui serait sans doute le cas pour faire du voyage à cheval : «  Pour ce qui concerne le syndicalisme, je regrette de ne pas avoir l’énergie pour en créer un. Mon père qui était à l’origine de l’APTE France (Association des professionnels du tourisme équestre), avait l’envergure et le charisme pour cela. Il est dommage que ce syndicat n’existe plus. Il est important qu’il existe un syndicat représentatif ».

Il termine : « pour ce qui concerne les diplômes professionnels, il faudrait qu’il en existe un qui soit autonome car les CQP, BAPAAT ou d’ailleurs ATE n’ont pas ce pouvoir. Enfin, il faut bien dire qu’il y a peu d’emplois à l’année pour les accompagnateurs, mais qu’il y a une très forte demande pendant les saisons ».


Gilbert DE KEYSER

 

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