Marc GOURMELON Président
de la FREF 59
Il
s’appelle Marc GOURMELON. Il a 43 ans. On se connaît parfaitement
bien puisqu’il est le trésorier de la Fédération
des Randonneurs Equestres de France (FREF) depuis que j’en suis
le président. Evidemment, comme tous ceux que l’on croit
connaître bien, on ne se pose pas de question. On a tort, et l’interview
qui suit m’a surpris autant sans doute qu’il vous surprendra
au vu de la richesse de ses expériences. Comme quoi, on devrait
toujours s’intéresser à l’histoire de ses
amis.
Il est tombé dans le cheval à l’âge de 5 ans
et on le trouve à dos de cheval à 11 ans. Il est déjà
en tête de ligne puisqu’il accompagne des promenades dans
une maison familiale en Lozère. Il fera d’ailleurs cela
pendant 3 années et encore 2 ans de plus dans une autre maison
familiale « j’étais assez
bon élève, mais extrêmement perturbateur. C’est
la raison pour laquelle, je ne reste qu’une année dans
l’école agricole de Pierfons à Creil et que je finirais
mon BTA à Sallé sur Barn ».

Il a 18 ans, son diplôme en poche et il achète sa
première jument andalouse « Dulcinée ». Nous
sommes en 1980, il a seulement 19 ans, mais il s’installe comme
agriculteur à Aubigny sur Nère pour y faire de la poly
culture et de l’élevage. Il profite du temps qu’il
a pour continuer ses études par correspondance et 2 ans plus
tard passe avec succès le BTSA (brevet de technicien supérieur
agricole) « Production végétale ». Il conserve
5 chevaux dans sa ferme pour vendre tout 5 ans plus tard «
Ce n’était pas assez rentable et c’était un
boulot de fou. Notons que j’ai tenté la formation d’ingénieur
agricole, mais la foi n’y était plus. J’ai donc décidé
de prendre une année sabbatique ».
Pendant cette année là, il exercera différentes
activités dont la réparation de voiture attelée.
Et comme on dit que le cheval mène à tout, à condition
de le quitter, il entre « grâce aux
relations de son père » dans le transport maritime.
Il a rencontré l’élue de son cœur et l’emmène
à Dunkerque où il apprend son nouveau métier dans
le transport. Il achète une ferme à Steenvoorde où
à deux, ils démarrent une activité de randonnées
équestres.
Nous sommes en 1989. Un an plus tard, il adhère à la Fédération
des Randonneurs Equestres (FREF). Après une rencontre avec Yves
GUIRAUT lors d’un salon du cheval, ils passent tous les deux leur
brevet de guide de randonnée. Voilà les écuries
du Ryveld en état de fonctionner ce qui se fait durant quelques
années (1989 à 1995). Sa compagne anime l’association,
accompagne les groupes, entretien les lieux et ferre les chevaux (il
a appris à ferrer lors de ses divers stages).
Il travaille toujours en dehors des écuries dans le transport
maritime, mais décide de postuler en 1994, pour un emploi de
chargé de mission au Conseil Général du Nord. Il
y rencontre le chargé de missions des espaces sensibles et après
une longue discussion, ils montent en commun un projet de remise en
pâturage de terrains appartenant au conservatoire du littoral
: « entre temps, nous avions créé
la fédération départementale de la FREF (FREF 59)
et c’est avec cette fédération que nous montons
les brigades vertes. En effet, en plus de monter le projet pâturage,
nous mettons en place celui d’une brigade verte chargée
d’assurer la surveillance et l’animation d’un site
dunaire ». En 1996, les premiers chevaux sont lâchés.
Il en viendra 25. Le contrat sur le site dunaire (dune de Wulf, dune
Marchand et dune du Perroquet) est signé en 1996 entre le Conseil
Général et Marc GOURMELON, président de la FREF
59. Cette même année voit fleurir les premiers patrouilleurs
équestres de la FREF.
Aujourd’hui, les chevaux, des Haflingers,
vivent sur 150 hectares répartis en trois lieux. Deux étalons
assurent les descendances et les troupeaux vivent ainsi au gré
de leurs déplacements de parc en parc. En ce qui concernent les
patrouilles équestres, elles se déroulent d’avril
en septembre, avec 3 emplois assurés. Les patrouilles se font
par deux en uniforme du Conseil Général. Le souhait serait
de pérenniser les emplois à l’année :
« Les retours que nous avons sont excellents.
Le public est conquis, et les relations avec les gardes sont courtoises
et intéressées. Nous avons réussi grâce à
notre sérieux et à la compétence des patrouilleurs
à gagner nos galons sur le département. Je crois que ce
type de métier est appelé à se développer
dans le privé. Il faut bien entendu être formé dans
le cheval mais encore plus spécifiquement dans l’environnement
et l’écologie".
Pour y répondre, la FREF-France propose des formations de patrouilleurs
équestres fédéraux à deux niveaux. Marc
GOURMELON est moniteur fédéral depuis 2002 et participe
à ces formations. Il est à relever que dans le cadre de
ce métier, un certain nombre de formateurs songent à inventer
un diplôme professionnel qui réponde parfaitement à
la demande des employeurs : « En
tout cas c’est un beau métier de nature et de chevaux ».
Gilbert DE KEYSER
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du site www.chevalinfo.com