EDUCATION DU CHEVAL ET DU CAVALIER
si nous avons bien compris le projet de la société 3GB,
il s’agit de se décaler à la fois de l’ambiance
anthropomorphique équestre, des similis éthologues et
de leur chuchotage, et en général de tous ceux qui découvrent
que la relation entre un humain et un cheval doit être décodée.
Il semble donc qu’il ne s’agisse pas (pour une fois) d’un
simple moyen de faire de l’argent avec la crédulité
des gens mais de leur apporter un plus technique en passant par une
connaissance approfondie des comportements à la fois des humains
et des chevaux.
Avant même de se tourner vers le cheval et / ou son cavalier,
l’originalité de ce travail de recherche a pour buts de
redonner aux gens le tact animalier préalable au tact équestre,
de
donner du sens à ces pratiques équestres autant qu’à
celles d’homme de cheval. Pour cela, il fallait des enseignants
légitimés par un diplôme (BEES2). Leur premier travail
fut donc d’organiser une expertise de l’enseignement, face
à leurs expériences, celles des autres et leurs connaissances
de l’animal.
Ce que l’on peut appeler l’approche comportementale est
issu d’une observation éthologique de la vie des chevaux
mais également de celle des hommes face à un animal. Rien
n’est gratuit, rien n’est innocent dans la relation. Chaque
geste, chaque regard, chaque posture induit une réaction de l’autre.
Tous les animaux du monde savent cela, et ils calquent leurs propres
fonctionnements les uns sur les autres. Seuls les hommes, perdus dans
un monde fait de stress, de contentions, de frustrations sociales, exacerbés
par un monde marchand où les individualités sont écrasées
par la loi du plus fort, s’éloignent peu à peu d’une
vision juste et distanciée de leurs propres fonctionnements.
Le premier travail est donc de revenir aux sources relationnelles, c’est
à dire savoir par quels comportements, quelles postures, quels
langages on peut comprendre l’autre et communiquer avec lui. Bien
sûr qu’il existe une hiérarchie, et n’importe
quel troupeau observé, à l’état sauvage ou
non, nous le démontre. Il y a celui qui est le patron, qui observe,
qui alerte, il y a celui qui entraîne le troupeau pour échapper
à un danger présumé et il y a celui qui suit sans
se poser de question. Chez l’homme, il en est de même, évidemment
le patron, mais aussi les parents, l’instituteur, les gendarmes,
le plus fort de la bande ou le plus riche. Il faut repérer toutes
ces attitudes si l’on veut comprendre et ainsi utiliser les évènements
le plus judicieusement possible vers le but à atteindre.
On comprend donc qu’il y a une proie (le cheval) et un prédateur
(l’homme). La nature impose donc au cheval d’échapper
à l’homme et l’histoire humaine du dressage sera
donc de changer les comportements naturels pour s’adapter et communiquer
avec le cheval d’une autre façon. Cela n’empêchera
pas la hiérarchie, ni celle des animaux entre eux ni celle des
hommes vis à vis des animaux. Cette hiérarchie est différente
selon qu’il s’agit des animaux (prépondérance
à l’acceptation, autorité pour servir le groupe)
ou des hommes (domination basée sur la crainte et l’obéissance,
autorité pour asservir). Il n’est pas étrange de
constater qu’une fois encore revient le mode normal de fonctionner
du prédateur (tuer) et celui de la proie (fuir).
De la même façon que les chevaux communiquent entre eux
(regards, hennissements, attitudes, jeux ), les hommes sont obligés
de communiquer avec les chevaux puisqu’ils ont un projet de dressage
qui sans doute sera à l’encontre de la nature même
du cheval (gestes, positions par rapport au cheval, voix, punitions
et récompenses). Les un et les autres vont donc inventer un langage
commun, répété, identique, simple, codé
afin qu’il soit toujours compris de tous. Personne dans ce face
à face n’a le choix.
Pour finir cette brève analyse, on peut se poser la question
des outils de l’homme et du cheval, soit pour résister,
soit pour (in)former. L’homme, le plus puissant ordinateur au
monde, possède, en dehors des connexions synaptiques propres
à tous les animaux, un ensemble d’outils spécifiques
: la conceptualisation, la réflexion, l’imagination, la
parole et la manipulation de la pensée, la main et son utilisation
comme un outil, la gestion du temps et de l’espace, les moyens
de vaincre. Le cheval, lui aussi, possède pour survivre ses propres
outils (plus limités mais souvent plus physiques, plus intuitifs)
: fuite physique, résistance / blocage, attaque lorsqu’il
est coincé.
Vous aurez compris que nous n’avons là qu’une première
synthèse des premiers travaux. Nous vous proposons donc de retrouver
Gérard DORSI et Guillaume ANTOINE pour un prochain échange
sur la suite de leur programme.


A suivre…….