Le premier voyage a été un choc car voir les attelages circuler à Marrakech nous déconditionne instantanément de nos aprioris français, Mais nous aurons l’occasion de reparler de cette belle ville Marocaine. Pour ce second voyage je souhaitais m’intéresser au cheval barbe et aux activités équestres au Maroc. Ainsi le hasard et les relations nous ont ouverts les portes secrètes de ceux qui sont les acteurs de ces activités.
Gilbert DE KEYSER
Les randonnées à cheval :La première personne que nous avons rencontrée s’appelle Nadia BALVET. Elle est connue ici à Agadir mais également dans le monde entier. Il faut dire qu’elle vend des randonnées dans le Maroc et ce depuis des années. Plus encore, elle nous raconte son histoire dramatique puisqu’après des décisions administratives terribles, son ranch a été complètement rasé. Ce lieu était toute sa vie, mais également toute la vie de beaucoup de gens qui s’y réunissaient. Les aléas de l’administration marocaine ont eu raison de la raison affective, et les bulldozers ont eu raison des fragiles murs du ranch. Mais Nadia n’est pas une femme a se laisser abattre. Le cheval la transporte au propre comme au figuré et son univers reste immuable
« Qu’est ce que je risque » dit-elle ? Je suis descendu de ma montagne (c’est une véritable berbère) avec une seule djellaba, mon plus grand échec serait d’y retourner ». Elle me parle de son enfance, de ses voyages, de son ami Frédéric HALM de cheval pratique, de son mari et de ses enfants les amours de sa vie. Elle me parle de son pays et de ses chevaux, de ses randonnées et des clients devenant des amis. Elle me parle aussi des terribles inondations de cette année qui a mis ses chevaux en danger mais qui a également apporté tellement de désolations dans le pays. Et puis autour d’un couscous, nous comprenons que rien n’arrêtera Nadia la Berbère.
L’élevage de chevaux de sport : Notre cheminement se poursuit, emmené par Nadia, vers une autre facette du cheval au Maroc : l’élevage. Pour cela nous rencontrons Monsieur BOMKOUK, sans doute le plus grand éleveur de la région. Bizarrement, dans un pays ou le cheval barbe est roi, son intérêt se dirige vers le cheval de sport. C’est ainsi qu’en croisant des selles français, achetés en France, avec des barbes, il obtient de magnifique chevaux de sports de très grandes qualités. Cavaliers de compétition, il à mis en place un protocole d’entrainement différent des français, puisqu’il ne travaille les chevaux que vers 8 ans, beaucoup plus lentement que chez nous, et d’une façon générale plus souplement.
Réunis autour d’un tagine ancestral, Monsieur BOMKOUK nous parle de sa vie. Il a 58 ans et dirige une entreprise de quincaillerie importante d’Agadir. Il est partie de rien et après avoir travaillé dur et sans doute eu de la chance il a pu se donner les moyens d’assouvir ses passions : le cheval et les sports équestres. Car Monsieur BOMBOUK est un battant. Il a commencé l’équitation à 28 ans seulement, dans un petit club équestre, dont il est le président aujourd’hui, plus de 30 ans après ses premiers sauts. Son premier cheval s’appelait FARS .
C’est un arabo-barbe. C’est en 1980 qu’il achète la propriété sur laquelle il nous reçoit, 70 hectares dont 10 dédiés aux chevaux. Il y en a 200, entre ses 8 étalons, ses juments et les poulains. Chaque cheval vit dans un paddock ombragé, d’autres dans des boxes de 5x4. Un vétérinaire et un maréchal ferrant vivent sur place, entourés de 5 employés. Cela n’a pas empêché les pluies diluviennes du mois de février d’emporter murs et allées mais heureusement pas de dégâts sur les chevaux.
Monsieur BONCOUQ et quelques uns de ses chevaux étaient présents au salon du cheval d’AL JEDIDA, avec l’espoir de faire connaître son élevage, car comme d’habitude, on n’est jamais aussi mal connu qu’en son pays. Le haras des Arganiers est un endroit magnifique et les chevaux de très haute volée. Il n’y a pas que des chevaux de rue ou « maigrichote » au Maroc.
Les attelages de Marrakech : La vie est pleine de mystères. Nous avions rencontré au mois de février un cocher fantastique et nous avions oublié son numéro de voiture. C’est donc au hasard que nous sommes montés dans la calèche n°95 et que nous sommes partis à sa recherche. Finalement, il ne travaillait pas mais nous étions bien dans sa calèche.
Nagib, 48 ans, travaille dans les attelages de Marrakech depuis plus de 20 ans « Inch allah » nous dit-il, dieu le veut ». C’est un type très sympa, ouvert et conciliant. Pas un instant il ne songe à refuser l’interview. Il est né à la campagne, et à toujours vécu pauvrement où chaque jour se passe à chercher de quoi manger et vivoter. Il a fait des dizaines de « boulots » avant que son cousin lui propose de travailler à Marrakech comme chauffeur de voiture hippomobile. Nous sommes en 1989 et avec sa famille, sa mère, sa sœur, et ses trois enfants, les voila entrés dans une autre vie.
Son cousin est patron de 3 voitures et de 10 chevaux barbes, qui tous les jours arpentent le bitume des rues principales de cette ville colorée. Nagib travaille seul, avec 2 chevaux et il fait la journée à partir d’un point fixe. Le soir il rentre à son écurie, laisse les chevaux à un palefrenier, monte sur sa mobylette et sa journée terminée, il rejoint sa famille. Il gagne en moyenne 150 dirhams (15 euros) par jour et travaille tous les jours. Chaque soir, il ramène l’argent pour son patron.
Pour travailler il a passé un permis (comme une licence de taxi), paye une licence à la mairie et une assurance (environ 150 euros). La voiture est contrôlé, le cheval est bagué et est soumis à des visites vétérinaires. Les chevaux sont débourrés à la campagne puis rapatriés à la ville, les jeunes étant attelés avec des chevaux expérimentés. « Ici nous sommes condamnés à travailler tout le temps, car il n’y a ni chômage ni retraite en dehors des fonctionnaires. Finalement, ce sont les jeunes qui payent la retraite de leurs parents »
Le cheval et l’équitation de loisirs : Le cheval c’est bien évidement de l’équitation de loisirs, c'est-à-dire de la balade et des cours équestres. Il nous fallait donc trouver une entreprise équestre qui ne soit pas essentiellement tournée vers la compétition. En fait, la porte nous a été ouverte par l’éleveur Monsieur BOMKOUK qui est président du club de l’Etrier d’Agadir. Nous sommes à quelques kms du centre ville et sur 7 hectares et 50 boxes vivent une cinquantaine de poneys et chevaux. A cela il faut rajouter quelques dromadaires qui font le bonheur des touristes.
Ce club, créé en 1969, par des français, a fait pendant de nombreuses années le bonheur des amoureux du cheval, touristes ou habitants de la ville. C’est ainsi qu’ils organisaient des randonnées de quelques jours dans la région. Ce club est rapidement devenu un lieu de rencontre et a permis une véritable animation autour des chevaux. Mais au fil des années l’engouement s’est émoussé et les bonnes volontés dispersées.
Mais c’était sans compte sur la princesse Etalla Aminana, présidente de la fédération royale des sports équestres du Maroc, qui a imposé au club d’organiser une compétition de saut d’obstacle. C’est ainsi que les responsable du club ont engagé un jeune animateur afin de le dynamiser.
Il s’appelle Anouar NAMIR. Il a 27 ans. C’est un enfant du pays. Il est né à Agadir. Il a passé un bac littéraire, option anglais tout en montant à cheval dans le club royal d’Agadir (club militaire) ou il passe un premier degré (1993) et à partir de 1996 participe aux compétitions de CSO. Pendant quelques temps il met en route un élevage de chevaux barbe avec 4 juments et un étalon. Mais cela ne marche pas. Il travaille encore aujourd’hui, et ce depuis 1989, avec sa famille sur une ferme ou ils cultivent des légumes. Le reste du temps il est sur le club ou il travaille à la réalisation du renouveau du centre équestre.
RANCH LES DEUX GAZELLES : Deux jeunes femmes se rencontrent au cours d’une randonnée dans le haut atlas. C’est Nadia la Berbère qui les emmène et ce sera elle qui va les aider à accomplir leur rêve : monter un lieu de randonnées au Maroc. Elles s’appellent toutes les deux Caroline l’une FAGET âgée de 33 ans, ingénieur dans la pétrochimie et l’autre DUCLERCQ âgée de 35 ans et avocate. Toutes les deux sont françaises et travaillent en France.
Caroline FAGET, celle que nous rencontrons, pouponne en même temps qu’elle gère sa nouvelle propriété. Elle est jeune mère de famille. Elle est passionnée de chevaux et amoureuse de la randonnée grâce à des expériences équestres avec Jean DE CHATILLON, en France. Ce projet « de folie » est parti de la rencontre des deux Caroline lors d’une randonnée au Maroc et puis l’énergie et l’envie de créer a fait le reste. La première étape fut d’acheter un terrain puis d’y faire construire le ranch de leur rêve. Nous passerons les détails et les difficultés administratives marocaines pour en arriver a la réussite architecturale qui fait d’un bout de terrain un ranch et un Ryad parfaitement adapté à la région.
Il s’agit également d’accueillir les touristes en chambres d’hôte, c'est-à-dire 8 chambres doubles avec salle d’eau et sanitaires.
Décidées à utiliser les chevaux locaux, elles achètent grâce à un français, René CHAMBON, 10 chevaux barbes arabes, 7 femelles et 3 hongres. Des chevaux adaptés à la randonnée et au pays. Elles démarrent avec un franco-marocain spécialiste des chevaux et du pays les 6 premiers mois puis établissent un contact avec une Québécoise qui décide des les rejoindre.
L’équipe est maintenant au complet. Carole DUBOIS, c’est le nom de la nouvelle recrue, est spécialiste de la monte américaine. Elle a crée avec sa sœur un ranch dans son pays, spécialisé dans le handicap. Elle connait bien le métier.
Leur idée est de faire découvrir le voyage à cheval et cette région extraordinaire, située à Sidi Boulfdail entre Aglou plage et Mirlef à 127 km d’Agadir, et de proposer des stages d’équitation et de randonnées ainsi que des promenades sur la plage et dans l’arrière pays.
En conclusion, le Maroc nous aura étonnés de bout en bout. L’accueil des habitants est affectueux et enthousiaste. Lorsque j'ai demandé à Namir, le conducteur d'attelage combien je lui devait, il m'a répondu " Ce que tu veux. Tu fais partie de ma famille maintenant" Sans doute aurait-il fallut parler des dizaines de petits attelages, tractés par des ânes ou des petits chevaux, trottant le long des routes et dans les villes, pas toujours en très bon états mais qui permettent à des dizaines d’habitants pauvres de gratter les dirhams qui leur permettent de manger chaque jour. Mais quand il s’agit de survivre, notre morale de nantis n’a plus qu’à se taire. Le cheval a une véritable place au Maroc, et nous sommes heureux de vous la présenter.
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Randonnées équestre dans le haut Atlas
Nadia BALVET
Bureau courrier extension X Agadir MAROC
Tel : 212528847549
Imail : rea@wanadoo.net.ma
Web : http://ranchrea.free.fr
Nagib Ait Hammou ABDENNAJI
Calèche n° 95 Marrakech
Lot Nakhil Bloc 27 n° 115
Syba Marrakech MAROC
GSM : 06 61 88 22 56
Abdeslam BOMKOUK
Haras des Arganiers
Eleveur de chevaux
Douar Diabat Ouled Dahou
Route de Taroudant
Tel : 06 61 33 38 52
www.harasdesarganiers.com
Namir ANOUAR
Vice président
Club l’Etrier d’Agadir
KM 6 route dd Mezgane
BP 20 Agadir MAROC
Tel : 05 28 29 19 45
Ranch « les deux Gazelles
www.lesdeuxgazelles.com
Contact Caroline DUCLERCQ : 06 84 34 00 93
Contact Caroline FAGET : 06 63 83 19 71
Contact Carole DUBOIS :
06 6626 66 86
Crédit photos : Guy SIANO |